Experteninterview: Aussichtsplattform Uetliberg

Entretien en binôme avec la spécialiste du crédit et l’expert en hypothèque

  • 10.02.2021
  • Ben M.
  • Temps de lecture: 5 min.

Que puis-je faire si je suis touché par le chômage partiel ou même si je perds mon emploi? Dans ce double entretien, notre spécialiste du crédit, Angela Lopes, et notre expert en hypothèque, Michael Bader, donnent des conseils et des astuces sur le thème du chômage partiel et de la perte d’emploi.

Nous voulions, avec nos conseillers en crédit privé et en hypothèque, en savoir plus sur les problèmes qui ont le plus préoccupé les clients de FinanceScout24 en 2020. Et sans grande surprise, la pandémie de Corona et ses effets connexes ont été ici aussi le sujet numéro. C’est pourquoi nous avons invité notre spécialiste du crédit Angela Lopes et notre expert en hypothèque Michael Bader pour un entretien en ligne et leur avons demandé: «Qu’en est-il réellement du chômage partiel, du chômage tout court, etc?»

Angi et Michael, en raison de la situation pandémique actuelle, nombre de détenteurs de crédit et d’hypothèque se posent la question: Que se passe-t-il si mes revenus s’effondrent? Commençons donc par le scénario numéro 1: je suis en chômage partiel - que puis-je faire? 

Angela Lopes: Si vous ne pouvez plus payer vos mensualités en raison d’une baisse de vos revenus, due par exemple à un chômage partiel, vous avez alors la possibilité de «reformuler» votre contrat de crédit actuel et d’en prolonger la durée, ce qui réduira logiquement vos mensualités et rendra ainsi le crédit à nouveau gérable.

C’est aussi simple que ça?

Angela Lopes: En principe, oui. Mais bien sûr, il ne faut toutefois pas perdre certains aspects de vue. D’une part, de nombreuses banques sont plutôt réticentes à accorder un crédit aux personnes au chômage partiel ou le refusent même d’emblée - c’est pourquoi comparer les offres de crédit sur FinanceScout24 est d’autant plus intéressant que nous savons comment les banques respectives traitent la question du chômage partiel. Par ailleurs, vous augmentez vos chances d’obtenir un crédit en communiquant le plus possible de documents sur vos frais effectifs. Pour ce qui est de l’assurance maladie par exemple, les banques calculent souvent avec des valeurs standard, qui, selon l’expérience, sont plus élevées que les frais réels. L’intégration de votre conjoint dans la demande de crédit augmente également votre solvabilité - si vous le souhaitez, même en tant que codébiteur.

En période de chômage partiel, il est important de réduire les mensualités de crédit à un niveau gérable.

Angela Lopes, spécialiste du crédit chez FinanceScout24

Et alors, où est le piège?

Angela Lopes: Qui dit crédit à long terme, dit mensualité plus faible. Mais en raison de la formule de calcul du taux d’intérêt, le coût total du crédit sera en réalité plus élevé. Cependant, vous aurez le droit d’augmenter les mensualités une fois sorti de cette période de chômage partiel. Vous pourrez ainsi réduire la durée de crédit préalablement prolongée. 

Mais même si ce n’est pas le cas et que le crédit devient au final un peu plus cher, je considère que la priorité pour une personne en chômage partiel est de réduire les mensualités à un niveau abordable afin d’éviter les rappels. En période de chômage partiel, je recommande donc de prendre le «moindre mal» sous la forme d’allongement de la durée et de coûts généraux plus élevés pour, en contrepartie, rester «blanc comme neige». Toutefois, il n’est pas toujours facile de déterminer la durée de prolongation idéale, c’est pourquoi, si la situation se présente, il est préférable de nous contacter préalablement afin que nous puissions vous indiquer toutes les options possibles.

Michael, comment se présente la chose dans le domaine des hypothèques?

Michael Bader: Eh bien, je vous le dis franchement: les contrats hypothécaires offrent une marge de manœuvre bien moins importante que ce que nous venons de voir dans le domaine des crédits privés. Ainsi, si vous êtes touché par le chômage partiel (ou si vos revenus ont été réduits pour d’autres raisons, par exemple en raison d’un divorce) et que vous ne pouvez plus payer les intérêts hypothécaires, je vous recommande de traverser cette période de vaches maigres avec l’aide de votre famille ou de vos amis - à condition que le chômage partiel soit limité dans le temps et que la durée soit donc prévisible. Un cautionnement solidaire peut également être envisagé pour traverser cet épisode difficile. Mais déménager n’est vraiment pas une option.

Pourquoi pas?

Michael Bader: Parce que cela ne vous fera, pour ainsi dire, que repousser voire aggraver le problème. En effet, vous devez bien habiter quelque part et on sait que les coûts d’un logement dont on est propriétaire sont généralement moins élevés que ceux d’un appartement en location. Autrement dit, si vous n’êtes financièrement plus en mesure de payer votre hypothèque, vous aurez encore plus de difficultés à payer un loyer. Par ailleurs, la plupart des propriétaires sont contractuellement liés à des hypothèques à long terme et à taux fixe. Contrairement aux crédits privés, une résiliation anticipée n’est ici possible que moyennant une indemnité de résiliation, c’est-à-dire une sorte de pénalité. Selon le montant de l’hypothèque, le taux d’intérêt et la durée restante, cela peut s’élever à plusieurs dizaines de milliers de francs - ce qui n’est donc certainement pas une option pour quelqu’un qui doit déjà se serrer la ceinture. Toutefois, tant que les paiements des intérêts et des remboursements sont effectués à temps, vous n’avez pas à vous soucier de la résiliation de votre contrat d’hypothèque. Si les choses deviennent vraiment tendues, il est alors probablement plus judicieux de contacter l’institut financier de manière proactive afin de trouver une solution. Dans le pire des cas, vous devrez vendre votre bien immobilier.

Avec des revenus en baisse, être propriétaire avec des taux hypothécaires bas est une bien meilleure solution qu’être locataire.

Michael Bader, expert en hypothèques chez FinanceScout24

Mais cela sonne un peu comme «hypothèque piège à coûts».

Michael Bader: Non, pas du tout. Bien qu’une résiliation anticipée puisse être coûteuse dans certaines circonstances, l’avantage décisif de l’hypothèque à taux fixe est que le taux d’intérêt fixe s’applique aux deux parties. Vous pouvez donc être assuré que vous n’aurez jamais à payer plus pendant toute la durée de l’hypothèque. Mais, c’est une autre histoire avec un logement en location! Déjà il est généralement beaucoup plus cher. Ensuite, le loyer peut augmenter et, dans le pire des cas, le propriétaire peut même faire valoir son droit à usage personnel et vous devrez alors déménager. Et comme nous l’avons déjà mentionné: vous avez besoin d’un toit, donc, surtout en cas de chômage partiel, être propriétaire de son logement à des taux hypothécaires bas est de loin la meilleure solution par rapport à une location.

Tout cela fait sens. Mais donnons à notre scénario une tournure plus sombre: je ne suis pas touché par le chômage partiel, mais par la perte d’emploi ou l’incapacité de travail. Angi, quelles sont les options qui s’offrent à moi en tant qu’emprunteur?

Angela Lopes: Nous sommes maintenant confrontés au problème pour lequel la solution mentionnée précédemment, grâce à la reformulation du contrat de crédit, ne fonctionne plus. Cela est dû au fait que le revenu actuel est toujours inclus dans le calcul d’un nouveau contrat et, dans la plupart des cas, ni les allocations de chômage ni les pensions d’invalidité ne sont considérées comme des revenus. Vous devez donc contacter l’établissement de crédit le plus tôt possible et lui expliquer ouvertement votre situation, afin qu’une solution mutuellement acceptable puisse être trouvée. Mais ne perdez pas de vue le fait que cela pourra entraîner une notation négative dans votre solvabilité car les paiements différés sont parfois aussi enregistrés au Centre d’information de crédit (ZEK). Le pire que vous puissiez faire est de cesser simplement de payer vos mensualités car cela entraînera non seulement des rappels et des entrées négatives au ZEK, mais aussi et surtout des poursuites.

Il n’y a pas d’autre solution?

Angela Lopes: Si, la prévention! Vous pouvez souscrire une assurance mensualités. Il s’agit d’un produit d’assurance assez peu connu, c’est pourquoi nous sommes heureux de vous fournir des conseils pertinents à ce sujet. Pour faire court, la plupart de ces assurances couvrent les cas de chômage non imputable à l’assuré et d’incapacité de travail pour cause d’accident ou de maladie. En d’autres termes, l’assurance prend en charge les mensualités de votre crédit pendant une certaine période. C’est bien sûr très judicieux dans la situation pandémique actuelle, mais cela vaut aussi toujours la peine d’être pris en considération.

Et comment puis-je souscrire une telle assurance?

Angela Lopes: Vous avez la possibilité d’opter pour une assurance mensualités comme extension lorsque vous contractez un crédit. La prime est généralement de 5 à 6 % et elle est alors directement intégrée à la mensualité. Un autre avantage est que la prime d’assurance ne change pas pendant toute la durée du crédit et que des prestations déjà perçues ne peuvent être réclamées par la compagnie d’assurance.

Michael, y a-t-il quelque chose de similaire pour mon hypothèque?

Michael Bader: Malheureusement non. La solution est essentiellement la même que pour le chômage partiel: maintenir le statu quo grâce au soutien du réseau personnel ou à une garantie de solidarité et surmonter ainsi les difficultés financières passagères. Vous pourrez ainsi conserver votre domicile à faible taux d’intérêt hypothécaire et ne pas avoir à déménager dans un appartement locatif coûteux, ce qui aggraverait encore la situation.

Pour conclure sur une note optimiste, recommandez-vous malgré tout d’investir à l’avenir dans un bien immobilier?

Michael Bader: Absolument. Malgré la hausse actuelle des taux d’intérêt, nous avons toujours un bon niveau de taux d’intérêt avec des offres très attractives. On peut actuellement obtenir une hypothèque à taux fixe sur dix ans à environ 0,70 % (dans le cadre d’une première hypothèque avec solvabilité irréprochable). Cela est dû en partie au fait que les instituts financiers ont encore en ce début d’année des carnets vides et qu’ils proposent même des contingents avec des promotions spéciales afin de mettre en place leur budget hypothécaire le plus tôt possible en ces temps agités.

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Néanmoins, cela ne doit pas occulter le fait que, malgré la politique monétaire souple des banques centrales, nous nous trouvons toujours dans un environnement de taux d’intérêt très sensible aux événements mondiaux. Le fait que les taux d’intérêt augmentent à nouveau pourrait être une réaction à la baisse des prix des obligations à partir de la mi-janvier. Contrairement au marché des actions, qui a engrangé de belles performances, les obligations, elles, ont fortement chuté pendant le premier confinement. Lorsque le prix des obligations baisse, les taux d’intérêt augmentent en retour. Cela peut être une première indication que les conséquences à long terme du confinement sont prises au sérieux et qu’il faut s’attendre à une recrudescence de défauts de paiement dues à des faillites d’entreprises. C’est pourquoi il n’est pas très judicieux d’attendre. Au contraire! C’est en fait le moment idéal pour contracter une hypothèque.

Angi et Michael, ce fut, comme toujours, un plaisir de suivre vos analyses. Merci beaucoup pour le temps que vous nous avez consacré.

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