Taux d’intérêt négatifs en Suisse

Pourquoi être propriétaire de son logement est un investissement rentable lorsque les taux d’intérêt sont négatifs

  • 21.06.2021
  • Laura A.
  • Temps de lecture: 4 min.

Vous payez des intérêts sur votre épargne au lieu d’en percevoir? Étrange n’est-ce-pas? En réalité cela concerne de plus en plus d’entreprises et particuliers en Suisse: ce sont les taux d’intérêt négatifs. Découvrez à quoi ils servent et pourquoi l’accession à la propriété peut être une véritable alternative d’investissement pour votre épargne.

Mais que sont en fait des taux d’intérêt négatifs?

Par définition, les taux d’intérêt négatifs sont une mesure de politique monétaire utilisée par la Banque Nationale Suisse pour maintenir le franc suisse aussi stable que possible et garantir ainsi une économie saine.

Tout cela est bien beau mais passablement abstrait, non? Nous allons donc aborder la question avec des cas de figure simples afin que l’ensemble devienne plus palpable. Prenons par exemple le cas de Larissa, 41 ans: elle s’est servi des taux d’intérêt négatifs, qui étaient désavantageux pour elle, comme une opportunité pour investir dans un logement et a ainsi économisé plus de 30’000 francs au cours des dix dernières années. Comme on dit couramment: Quand une porte se ferme, il y en a une autre qui s’ouvre. C’est un peu vrai, non?

Mais avant d’aborder ce sujet, il faut savoir, en guise d’introduction, que le franc suisse est considéré comme très stable: alors que les autres devises fluctuent énormément (et perdent souvent de la valeur) en temps de crise, le franc suisse résiste comme un roc dans la tempête.

La conséquence presque logique de cette situation est qu’aussi bien des particuliers que des entreprises étrangers s’attachent à convertir leurs avoirs en francs suisses lorsque leur propre monnaie nationale est en difficulté pour une raison quelconque et qu’elle perd de sa valeur. C’est compréhensible: qui de sensé reste les bras croisés à regarder ses actifs fondre comme neige au soleil?

Et en économie, comme nous le savons tous, plus une chose est désirable, plus son prix monte. Dans ce cas, de plus en plus de personnes veulent acheter des francs suisses, c’est pourquoi la valeur du franc suisse augmente régulièrement.

Le franc suisse prend donc de plus en plus de valeur. Au premier abord cela paraît génial, non?

Des taux d’intérêt négatifs pour contrecarrer un franc suisse trop fort

Malheureusement non, du moins pas pour tout le monde: l’industrie touristique suisse, par exemple, en souffre beaucoup. Imaginez un touriste français qui souhaite passer une semaine de vacances pour faire de la randonnée dans un hôtel en Suisse pour 1’000 francs. Pour la payer, il doit échanger ses euros contre des francs suisses au taux de change actuel. Mais plus la valeur du franc suisse augmente plus le touriste français devra aligner des euros pour obtenir 1’000 francs.

Il peut s’en arranger au début, mais dès qu’il trouve le plaisir trop cher, il renonce au voyage et part faire de la randonnée ailleurs. Le perdant dans cette histoire est l’hôtel, qui a un client en moins et cela uniquement à cause du franc suisse fort.

Dans des cas individuels, ce n’est pas la fin du monde, mais lorsque cela se produit en série, cela nuit assez considérablement à tout un secteur (et, selon le cas, à toute une économie).

Or, c’est précisément ce que la Banque Nationale Suisse veut éviter et elle introduit donc des taux d’intérêt négatifs afin d’affaiblir à nouveau le franc suisse.

Comment fonctionnent les taux d’intérêt négatifs

En voici le mécanisme: vous déposez les économies, dont vous n’avez pas besoin pour le moment, à votre banque. De la même manière, toutes les banques transfèrent les fonds qu’elles n’utilisent pas à la Banque Nationale pour qu’elle les conserve. Si la BNS veut empêcher une hausse trop forte du franc suisse, elle facture aux banques un taux d’intérêt négatif sur ces montants - en d’autres termes, les banques paient une commission pour être autorisées à laisser leur argent à la BNS.

Cela est, bien sûr fâcheux pour les banques, qui doivent ainsi faire face à des frais plus élevés. Et le plan de la Banque Nationale est que ces coûts pénaliseront tellement les banques qu’elles devront de gré ou de force les répercuter sur leurs clients. En clair, cela signifie que vous ne touchez plus des intérêts sur votre épargne mais qu’au contraire vous en payez.

Ainsi, si un client étranger veut ouvrir un compte dans une banque suisse, celle-ci doit lui signifier: « Pas de problème, mais n’oubliez pas que vous devrez payer des intérêts négatifs ». Ce qui conduit plutôt le client étranger à ne pas convertir ses avoirs en francs suisses et à préférer les placer ailleurs - et tôt ou tard, le franc suisse devient moins attractif et sa valeur diminue à nouveau.

D’ici là, cependant, la conséquence sera une baisse générale du niveau des taux d’intérêt. C’est bien sûr une bonne nouvelle pour les clients de prêts personnels et d’hypothèques car ils devront moins débourser. Pour les épargnants, en revanche, c’est une très mauvaise nouvelle: ils percevront de moins en moins d’intérêts sur leurs épargnes allant même jusqu’à devoir payer des intérêts négatifs, comme c’est le cas actuellement.

Un plan B s’impose: investir dans son propre logement comme alternative judicieuse

Dans une période où les taux d’intérêt sont très bas, il est donc presque impossible d’obtenir un rendement à peu près décent pour un investissement sans risque. Tous ceux qui sont frileux envers les actions et autres valeurs mobilières en raison de leurs fluctuations, et qui préfèrent simplement laisser leur argent sur un compte d’épargne, n’ont pratiquement rien perçu (ou même rien du tout) en retour ces dernières années.

Et maintenant, c’est le coup de massue: les taux d’intérêt négatifs se généralisent et touchent désormais également de nombreux épargnants privés. Supposons que vous ayez 50’000 francs sur votre compte d’épargne. Normalement, un taux d’intérêt de 1 % signifie qu’à la fin de l’année, vous recevrez 500 francs d’intérêts. À l’inverse, un taux d’intérêt négatif de 1 % a pour conséquence que 500 francs seront déduits de votre épargne - ce qu’absolument personne ne se souhaite.

Que faire? On ne peut pas regarder ses économies se faire dévorer par des taux d’intérêt négatifs. Mais ne vous inquiétez pas, la solution est peut-être plus proche que vous ne le pensez: pourquoi ne pas investir dans votre propre logement? Outre l’avantage de pouvoir aménager vos quatre murs à vos goûts, cela vaut également la peine sur le plan financier.

Examinons le tout à l’aide d’une personne fictive appelée Larissa: Larissa a 41 ans, est célibataire et vit en location pour 1’300 francs par mois dans un appartement de 2,5 pièces près de Berne.

Au fil des ans, elle a épargné 150’000 francs sur son compte, qu’elle n’a pas vraiment envie de toucher - mais elle s’aperçoit maintenant qu’il lui faut agir, car sa banque a introduit un taux d’intérêt négatif de 1 % sur les montants supérieurs à 100’000.

Elle paie donc maintenant 1 % sur 150’000 francs par an (sans formule d’intérêt compliquée), soit 1’500 francs. Si l’on ajoute à cela le loyer mensuel de 1’300 francs, on obtient une dépense annuelle de 17’100 francs.

Alors Larissa réfléchit: quelle serait l’addition si de ses 150'000 francs elle en investissait 100'000 comme fonds propres dans l’achat d’un logement équivalent de 2,5 pièces d’une valeur de 500’000 francs?

Accession à la propriété ou intérêt négatif: exemple de calcul

D’une part, les intérêts négatifs à hauteur de 1’500 francs ne sont plus applicables, puisque ses avoirs sur le compte d’épargne ne s’élèvent plus qu’à 50’000 francs (et sont donc inférieurs au seuil de 100'000 francs). Ce problème serait donc déjà réglé.

Avec un prix d’achat de 500’000 francs et des fonds propres investis de 100’000 francs, il reste une hypothèque de 400’000 francs, répartie en une première hypothèque de 325’000 francs et une seconde hypothèque de 75’000 francs. Si nous supposons maintenant que Larissa a pu contracter une hypothèque à taux fixe de 1 % sur une durée de 10 ans, on obtient les coûts suivants (toujours sous forme simplifiée):

Intérêt hypothécaire de 1 % sur 400’000 = 4’000 francs

Amortissement de la 2de hypothèque (75’000) en 15 ans = 5'000 francs

Frais connexes de 1 % du prix d’achat (500’000) = 5'000 francs

Montant total annuel de la copropriété = 14'000 francs

À titre de comparaison: Loyer annuel de l’appartement loué + intérêts négatifs = 17’100 CHF

Ainsi, par rapport au montant annuel total de 17’100 francs dont elle doit s’acquitter avec un appartement loué plus les intérêts négatifs, elle économise 3’100 francs par an!

Et si l’on extrapole sur toute la durée de l’hypothèque à taux fixe (10 ans), le résultat est encore plus spectaculaire: Larissa évite non seulement 15’000 CHF d’intérêts négatifs, mais réalise une économie totale remarquable de 31’000 CHF!

Comme mentionné au début: lorsqu’une porte se ferme, une autre s’ouvre ailleurs. La situation actuelle est peut-être l’occasion idéale de tirer parti de la situation difficile des taux d’intérêt négatifs pour faire de l’accession à la propriété une vertu - et économiser de l’argent tout en vivant entre ses quatre propres murs n’est pas vraiment une pensée désagréable, non? ;-)

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